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Le quartier de Djègbadji à Ouidah, reconnu pour ses paysages de mangroves, a vécu un week-end sous haute tension. Deux pythons de Séba, dissimulés à proximité des habitations, ont semé la panique et blessé cinq personnes avant d’être capturés par les populations dans la matinée du mardi 21 avril 2026.
C’est un ouf de soulagement pour les habitants de Djègbadji, dans la Commune de Ouidah au Bénin. Depuis le samedi 18 avril, la vie s’était comme arrêtée dans ce secteur bordé de palétuviers. En cause : la présence de deux pythons de Séba de taille impressionnante. Ces mastodontes des zones humides africaines avaient élu domicile à quelques pas des maisons, transformant chaque déplacement quotidien en véritable défi de survie.
Pendant trois jours, le passage vers l’église, le marché ou l’école est devenu un parcours de santé périlleux. « Les enfants devaient slalomer entre les fourrés en craignant le pire », a confié un riverain. Le bilan humain témoigne de la dangerosité de la situation : cinq personnes ont été mordues par les reptiles entre samedi et lundi.
Face à l’inertie initiale et au danger imminent, la solidarité villageoise a pris le relais. Armés de filets et de cordes, les hommes du quartier ont organisé une battue citoyenne. Mardi 21 avril dans la matinée, l’opération a payé : les deux spécimens ont été capturés vivants, sous les acclamations d’une foule encore sous le choc.
La mairie au chevet des victimes
Alertés par la gravité de la situation, les agents des Eaux et Forêts, la Police républicaine et les autorités communales se sont rendus sur les lieux pour sécuriser la zone. Au-delà de la sécurisation de la zone, un geste fort a été posé par l’administration communale : la mairie de Ouidah a annoncé la prise en charge intégrale des soins médicaux des cinq blessés.
Cette mesure vise à apaiser les tensions, alors que les habitants pointent du doigt les risques liés à la proximité immédiate des habitations avec les zones protégées. Si les autorités rappellent la loi sur l’environnement, le discours peine à rassurer des parents dont les enfants doivent encore traverser des zones humides pour aller en classe.
L’urgence d’un aménagement sécurisé
Cette incursion pose une nouvelle fois la question de la cohabitation entre l’homme et la faune sauvage. Les populations réclament désormais des solutions pérennes : installation de clôtures de protection, création de sentiers sécurisés et délimitation de zones tampons entre les mangroves et les habitations.
L’aventure se termine sans perte en vie humaine, mais le traumatisme reste vif à Djègbadji, où l’on espère que ce cri d’alarme sera entendu pour que la protection de la nature ne rime plus avec danger pour l’homme.