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Un « tournant historique » pour les uns, un « défi technique » pour les autres. L’Assemblée nationale a adopté, lundi 26 janvier 2026, l’article phare d’une proposition de loi visant à interdire l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Ce texte, porté par la députée Laure Miller (Renaissance) et soutenu de tout son poids par l’exécutif, a été voté par 116 voix contre 23 en première lecture.
Une « pause numérique » dès la rentrée 2026
Le texte prévoit qu’à compter du 1er septembre 2026, les plateformes comme TikTok, Instagram ou Snapchat devront refuser l’inscription aux moins de 15 ans. Cette mesure s’accompagne d’une obligation de suspendre les comptes déjà existants appartenant à cette tranche d’âge. L’objectif affiché est clair : lutter contre le cyberharcèlement et protéger la santé mentale des adolescents face à l’omniprésence des écrans.
Les députés ont également durci le cadre scolaire : alors que les téléphones étaient déjà proscrits dans les écoles et collèges, la loi étend désormais des restrictions aux lycées, laissant toutefois aux règlements intérieurs le soin d’aménager des zones ou des temps d’utilisation spécifiques.
Macron salue une « première pierre » et interpelle le Sénat
Sitôt le vote acquis, Emmanuel Macron s’est félicité de cette avancée majeure. Le chef de l’État a salué une « première pierre » indispensable pour « reprendre le contrôle sur la vie numérique de nos enfants ». Dans la foulée, il a invité le Sénat à poursuivre l’œuvre entamée au Palais Bourbon, espérant un examen rapide dès la mi-février pour garantir une entrée en vigueur sans retard à la prochaine rentrée scolaire.
Les plateformes sous haute surveillance
Pour rendre cette interdiction effective, les fournisseurs de services devront mettre en place des systèmes de vérification d’âge rigoureux, sous peine de sanctions. Un autre amendement clé oblige également les plateformes à garantir que les mineurs autorisés ne soient pas exposés à une « pression commerciale excessive » ou à des contenus altérant leur santé physique et mentale.
Malgré ce large consensus politique, des doutes subsistent chez certains observateurs quant à la faisabilité technique de ces contrôles et leur conformité avec le droit européen (Digital Services Act). Le débat au Sénat s’annonce donc décisif pour affiner les contours de cette révolution numérique française.