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Le rapport d’évaluation des menaces ciblées en Afrique 2026 publié par Interpol révèle une transformation profonde du paysage de la cybercriminalité sur le continent. Les attaques ciblées deviennent plus rapides, plus sophistiquées et de plus en plus difficiles à détecter, aussi bien pour les victimes que pour les plateformes de sécurité.
Selon le document, 55 % des cybercrimes ciblés signalés en Afrique présentent désormais un lien avec l’utilisation de l’intelligence artificielle. Cette technologie est exploitée par les cybercriminels pour automatiser leurs attaques, perfectionner les techniques d’hameçonnage et créer de fausses identités numériques particulièrement crédibles.
Les arnaques en ligne demeurent la forme de cybercriminalité la plus fréquemment signalée. Les secteurs des services financiers, des télécommunications ainsi que les institutions gouvernementales figurent parmi les principales cibles de ces attaques.
Interpol souligne également l’ampleur croissante des pertes économiques. Les dommages financiers liés aux cybercrimes ciblés ont désormais atteint environ 484 millions de dollars, illustrant l’impact considérable de ces activités illicites sur les économies africaines.
Autre sujet de préoccupation : 72 % des pays africains interrogés indiquent avoir identifié des centres d’arnaques opérant sur leur territoire, avec une forte concentration en Afrique du Sud et en Afrique de l’Ouest. Ces structures fonctionnent souvent comme de véritables entreprises criminelles transnationales.
Le rapport met enfin en garde contre l’émergence des identités synthétiques générées par l’intelligence artificielle. Les cybercriminels combinent des données personnelles authentiques avec des informations fabriquées afin de contourner les systèmes de vérification biométrique et d’usurper plus facilement l’identité de leurs victimes.
Face à cette menace grandissante, Interpol appelle les États africains, les institutions publiques, les entreprises et les acteurs du numérique à renforcer leur coopération, à investir davantage dans les capacités de cybersécurité et à adapter leurs dispositifs de lutte contre une cybercriminalité devenue plus industrielle, plus transfrontalière et fortement alimentée par l’intelligence artificielle.